Ses cheveux, la traîne de sa tête.
Sa chair,—travesti bien ajusté avec ses ornements.
Leurs Sommeils.—Ils eurent des nuits comme des mesures pour rien.
Ses paroles, une poignée de pierreries et de fleurs dans la nuit...
La respiration de son aimée: une mer qui atteint sa limite et qui est faite de vagues égales, avec parfois une vague qui les surpasse.
... et des nuits noires plus douces que toutes les nuits blanches.
Nous traversons la nuit ensemble, dans la belle barque du sommeil. Nos souffles nous rament à travers le silence, et l'aube nous déposant sur la plage étale, nous reprenons conscience de l'unité de nos corps—que les songes avaient joints d'une trame mystérieuse, et que rien ne semble plus rompre.
Sommeil: envers d'un brocart colorié sans dessin ni suite, cohérence d'une journée désorganisée, ou tapisserie à multiples personnages se déroulant d'un fait unique et empiétant sur les bordures, jeux enfantins, entrecroisements de fils et de nœuds, et de couleurs, dont on ne retrouve le dessin qu'en se retournant vers des incidents passés: pensées ou actes interrompus.
Sommeil: abat-jour d'ombres portées.
Sommeil: résumé d'un fou, ivre de pavot.