Elle aimait la guerre, et l'amour, et les religions nouvelles; tout ce qui pouvait créer des héros ou des dieux, ou des martyrs, ou des hommes, tout ce qui tend la vie vers un courage qui la dépasse, tout ce qui rend la vie vivante.
«Ne plus m'aimer, lui disait-elle, c'est vous amoindrir par l'oubli de la divinité que je suis.»
Elle se vêtait de couleurs si délicates qu'elles ne se percevaient plus à la lumière artificielle. Le ton de ses joues ne s'avivait qu'au jeu des ombres diurnes. La nuit la blanchissait et la confondait parmi ses rayons, et dans l'éclairage des maisons elle errait avec la survivance trouble d'un fantôme.
Qu'elle que fut la grossièreté des êtres qui croyaient l'avoir tenue dans leur étreinte, aucun d'eux n'avait osé l'appeler d'un nom.
Sa beauté immatérielle comme de la musique,—d'une sensibilité aérienne, frôlait leurs nerfs de façon presque impalpable. Les vibrations qui émanaient d'elle touchaient les êtres qui l'approchaient, et les faisait un instant résonner à l'unisson.—Elle les imprégnait d'ondes sensibles que souvent ils dénommaient de l'amour.
Ses cheveux, fleuve d'oubli, ondoyaient le long d'elle.
Ses cheveux, cinglants comme des fouets.
Ses cheveux phosphorescents se voyaient dans l'ombre...
Des étoiles glissées sur des ténèbres.
Ses cheveux suivaient le peigne,—longue gerbe d'étincelles...