«Le couple», où donc le placez-vous? sinon en tout, partout, avec son double droit de vie et de mort sur le monde—ensemble consenti? Reprenant le thème, de Lysistrata de plus haut, éclairer le vrai sexe ennemi, en lui rappelant que la vie est en nous, et qu'il détruit l'œuvre de la femme sans son consentement,—par ce suicide involontaire, collectif, ordonné aux mâles.

«Cette illustre amazone instruite aux soins de Mars
Fausse les escadrons et brave les hasards.
Vêtant le dur plastron sur sa ronde mamelle,
Dont le bouton pourpré de grâces étincelle,
Pour couronner son chef de gloire et de lauriers,
Vierge, elle ose affronter les plus fameux guerriers.»
ENEIDE, traduction de Marie de Gournay.

Il est temps que les Amazones ne se fassent plus féconder par l' «ennemi»—et l'ennemi n'est-il pas celui qui prendra à la femme son enfant, pour l'élever ou le tuer à sa guise?

Il n'y a pas de sexe ennemi; l'ennemi de l'homme, c'est l'homme.

Que tous ceux, purifiés par le feu, s'approchent de nos foyers solitaires: nous serons mieux que l'épouse, la mère ou la sœur d'un homme, nous serons le frère féminin de l'homme.

Femmes belles, vos visages éclairent comme des lampes d'albâtre fardé, votre jeunesse est déjà une jeunesse d'art et encore une jeunesse de lumière.

Douce lampe de Psyché, ne brûlez pas l'amour endormi,—éclairez-le.

Ne considérer leurs mains sur vos yeux que comme des pétales plus vivants? des fleurs, rien que des fleurs odorantes, fraîches, et qui se défont—et qui se défont aussi de vous, car vous n'avez su que les prendre, vous n'avez pas su les porter.

Vous acceptez leurs fleurs,—mais comment les jeter?

«Vieillir en beauté», est-ce vieillir de cette vieillesse sans prestige et sans défense des fleurs fanées?