La fin des femmes est encore plus navrante que la fin des fleurs.
Au lieu de se plaindre du bavardage envenimé des femmes vieillissantes, trouvez-leur donc une autre occupation.—La ligue contre la médisance ne suffit pas.
Quand arrive l'âge de ne pouvoir «créer des scandales», elles les répandent.
Pour cacher leur navrement, elles disent: «Renonçons enfin à la servitude de devoir plaire. On n'est guère libre qu'à 6 ou à 60 ans.»
Cette catastrophe: être femme.
Quelle pauvreté est la vôtre, vierges d'une seule virginité! Que n'avez-vous pu naître houris, ou du moins les oreilles, le nez, les yeux, la bouche également scellés. Une dévirginisation en vaudrait la peine. Mais quel piètre avantage de posséder le premier une qui vous juge de ses yeux ouverts, qui vous écoute de ses oreilles insatisfaites, et se tait avec ses silences. Et même arriveriez-vous à lui «faire dire comme vous», rien ne peut l'empêcher de penser comme elle, selon son sexe opposé et complémentaire; et ce sexe opposé, n'est-ce pas le stimulant et la cause de la création? Qu'elles vous tentent donc vers elles—et le fruit de la connaissance que les dieux ont défendue, de peur que les couples humains ne les surpassent.
Ni patriarçat, ni enfantiarçat, ni matriarçat, «elle avait cent villes, puis fut cloîtrée»,—participation, union, essai d'entente entre tous les genres du genre humain.
Elle aurait donné dix ans de sa vie (des dernières) pour ne pas arriver aussitôt à la cinquantaine. Que faire de la cinquantaine? A cet âge, la vie privée ne veut plus des femmes, la vie publique pas encore. Il faudrait avoir au moins à voter, à opter pour le bonheur d'autrui, avec toute la sagesse et l'expérience acquises,—et qui ont si peu suffi à leur bonheur personnel.
Les autres seuls profitent de notre expérience—que l'Etat à son tour profite de notre expérience!
Elles ont assez mal choisi leurs amants pour bien choisir leurs dirigeants.