Jean de GOURMONT.
(Mercure de France).

... Puis des amours sont des jugements. Vous êtes le bloc de cristal de Villiers de l'Isle-Adam, «poli, transparent et sincère.» Elle est dure aussi, l'âme des éparpillements. Nietzsche aurait dû la reconnaître: «Soyez durs». Vous remettez du ciment dans les trous que fait la vie. Êtes-vous contente, je vous ai jugée.

Une autre fois, je jugerai peut-être autrement. Et ce n'est pas la première ni la seconde fois que ce livre m'attire.

Remy de GOURMONT.

Digne guerrière des rives du «Grand fleuve» devenue amazone des rives de la Seine, plus intrépide et complexe que celles de Thémiscyre ou des rives du Thermodon qui ne subjuguèrent que des Numides, des Atalantes, presque des troglodytes...—et qui furent vaincues par Hercule—qui devant vous n'en mènerait pas large!—je sais enfin comment est faite la foi et l'entendement des belles chasseresses, de merveilleux belluaires féminins qui sont dignes, aujourd'hui, de ce beau nom et qui, comme vous, font en si peu de girations d'une lame souple, une si belle hécatombe de philistins!...

Henri de GROUX.

... Ce sont vraiment des flèches, mais lancées dans toutes les directions.

On chercherait en effet, dans ce livre, le témoignage d'une foi quelconque, sinon peut-être dans la vie, ou plutôt dans une certaine manière de concevoir la vie, comme un moyen de connaissance et de plaisir. Cette philosophie amère et pénétrante de N. C. B. n'est pas sans rappeler celle d'Oscar Wilde... Comme Wilde, Mlle C. B. voit surtout dans la société un ensemble de bouffonneries protocolaires, utiles, logiques, efficaces, mais à condition de ne pas en être dupe; et au fond de tout sentiment humain un moyen d'échapper au désespoir, quand il ne nous entraîne pas!

... On cause un certain malaise quand on est intelligent à ce point ... ce qui rendra son livre irrespirable à beaucoup de gens ... et en tout cas, je ne crois pas qu'il se soit jamais trouvé une femme aussi virilement intelligente qu'elle, c'est-à-dire aussi dénuée de toute naïveté sentimentale, de tout entraînement romanesque, aussi capable d'étudier chaque phénomène moral comme une expérience,—et rien de plus. Nous ne manquons pas de penseurs, les uns délayant Pascal, les autres démarquant Montaigne; mais il n'y a pas, dans toutes leurs emphatiques périodes, le quart de l'observation réelle, de la réflexion que je trouve dans ces formules de N. C. B., si brèves et presque toujours elliptiques...

... Je reconnais qu'il y en a trop (de pensées) et que leur abondance nuit un peu à l'ensemble de l'ouvrage, bien que toutes aient un sens, souvent caché...