En temps ordinaire il est difficile d'être courageux sans être trop remarqué; la guerre permet qu'on le soit d'une façon qui passe à peu près inaperçue.

Abdiquer de soi.

«They also serve who simply stand and wait.»

—Rôle de la femme pendant la guerre, courage muet, presque inactif, rempli seulement à faire silencieusement et sans honneurs de petites besognes navrantes: voir blessé ou mort ce qu'elle avait créé vivant, bien portant, et devant ce gâchis se donner encore, se donner toujours; sa tentation, son instinct, comme celui de l'homme de se battre, courage égal, mais le sien passe inaperçu d'être ce qu'on appelle naturel, cela rabaisse son courage à un rang animal, dont l'homme se différencie en combattant pour un idéal, pour une fausse valeur, ou pour le plaisir.

Suivre sa personnalité, le «to thine own self be true» d'Hamlet; mais j'oppose à cela cette vérité: «Céder à certaines tentations demande un terrible courage.»

L'être courageux n'est pas celui qui a fait une chose courageuse; mais dont toute la vie a été une chose de courage.

Admettre une idée, toutes les idées incitatrices au courage.

Leur courage est d'autant plus admirable qu'il est individuel et non collectif.

Je propose une croix civile pour ceux qui n'ont ni recherché, ni fui trop ardemment le danger,—pour tous ceux qui ont supporté la guerre avec un ahurissement sobre et sans paroles.

Qui ne se sont pas rués vers des besognes pour lesquelles ils étaient impropres.