Achille «n'hésita pas à secourir Patrocle, à ne pas seulement mourir pour lui sauver la vie, mais à mourir encore après le meurtre accompli de son aimé.«(Platon).

«Achille n'aimait point Patrocle pour le seul plaisir de rester assis vis-à-vis de lui. Mais leur amitié se doublait par un plaisir commun. Aussi lorsque Achille pleure la mort de Patrocle, sa douleur éclate avec l'accent de la vérité.» (Lucien).

«Quel commerce plus doux que tes embrassements?» (Homère).

Et dans Shakespeare, Patrocle, craignant qu'à cause de lui Achille ne compromette sa gloire en gardant trop longtemps une attitude passive, efféminée, l'incite de cette façon:

«C'est moi qui suis condamné pour ceci, ils pensent que mon peu d'appétit pour la guerre et votre grand amour pour moi vous retiennent ainsi. » (Troilus et Cressida, acte III, scène III).

On se rappellera aussi toute la subtile délicatesse que met Platon à différencier la supériorité de l'amant par rapport à l'aimé, sans concevoir la possibilité que l'un ou l'autre puisse être répréhensible.

«L'épris, en effet, est plus divin que l'élu, car l'épris est inspiré par Dieu.»

«Je ne connais pas un bien plus grand pour un adolescent que la possession d'un amant vertueux, et de bonheur plus précieux pour un amant que l'élection d'un digne favori... (Banquet, trad Mario Meunier).

Personne n'a jamais songé à discuter certains goûts d'Hercule, de Zeus. Il est vrai qu'ils ne nous touchent pas de près! Une esquisse, attribuée à Michel-Ange, exalte même cet aigle divin qui emporte dans ses serres l'adolescent Ganymède, au corps extasié. Ils sont si haut dans les airs que ni l'un ni l'autre ne semble conscient des jappements que leur adresse un roquet resté là-bas tout au loin sur la terre.

Les défenseurs de la vertu de Shakespeare, de Sappho, de Verlaine, de Rimbaud, etc..., sont issus sans doute de l'ours à pavé de La Fontaine ou de ce chien dessiné par Michel-Ange.>