Ainsi vous observerez chez les chiens:—deux chiens courent tout d'abord en se rencontrant aux parties honteuses de leurs anatomies, en effectuent un examen complet, et plus ou moins satisfaisant. Ceci fait, leur curiosité pour autre chose se réduit à néant, et les voilà prêts à repartir, ayant élucidé le nœud de la question.» (Carlyle, Frédéric the Great).

La liste interminable des chroniques scandaleuses, etc., serait peut-être moins longue que les cas actuels, plus probants encore, mais que je ne veux citer, l'inversion n'étant pas encore revenue tout à fait à la mode, malgré que certains petits faiseurs d'embarras, pitres des arts, espèces de plagiaires de femmes, faux mignons ou damoiseaux dégénérés, de préférence homosexuels, sont admis dans un certain monde où les frivolités de toute espèce les réclament. Si les homosexuels de plus d'envergure ne s'y rencontrent guère, c'est que toute véritable passion rend insociable.

«Ah! leurs petits vices, ah! le pauvre vice maigre!... Comment s'indigner des modestes exploits des petits hors-nature?... Les doux crétins qui pensent aimer le vice ne l'aiment même pas. L'éphèbe vêt l'éphèbe en femme. S'il haïssait le sexe adverse—ainsi que Renée Vivien: «On m'avait condamnée aux laideurs masculines»—«il serait beau comme ce qui vit sous l'ordre d'une fureur. Mais en humbles «gosses», ils singent le Féminin. Pâles cabots qui ne se passent pas de mise en scène. Le vrai vice n'est possible que dans l'esprit. Le doux corps, n'est jamais qu'un benêt, un innocent (sans nuisance, au sens latin)...»

«... Si un homme aimait sans faillir un homme jusqu'à la vieillesse, et n'importe comment, je les saluerais tous les deux comme un défi à la faible nature...» (Aurel, La semaine d'amour).

«Il y a quelque chose de charmant dans l'union de deux jeunes femmes, à la condition qu'elles veuillent bien rester féminines toutes les deux...» (Pierre Louys, Aphrodite).

«Il y avait une jolie femme dans cette société: Madame B..., mais elle faisait l'amour avec un autre point d'interrogation noir et crochu, Mademoiselle de M... (Et, en vérité, j'approuve ces pauvres femmes).

Vie de Henri Brulard, page 98.

Autobiographie de Stendhal, publié par Casimir Styenski (Emile-Paul).

En lisant attentivement «La Colère de Samson», d'Alfred de Vigny, il semble clair que l'infidélité qu'il reproche à la Dorval (à peine déguisée en Dalila) est toute féminine:

«Elle rit et triomphe; en sa froideur savante,
Au milieu de ses sœurs elle attend et se vante
De ne rien éprouver des atteintes du feu.
A sa plus belle amie elle en a fait l'aveu;
Elle se fait aimer sans aimer elle-même;
Un maître lui fait peur. C'est le plaisir qu'elle aime;
L'Homme est rude et le prend sans savoir le donner.—