Exagérantes ivresses, lyrismes falsifiant toute valeur, je plains les enthousiasmes, les écrits, les amitiés et les amours nés à votre coupe.
Ce n'est pas une seule fois que les Ménades ont massacré Orpheus.
Ce qui se trouve dans un verre se perd dans le verre suivant.
Dionysos, ne buvant pas, avait-il jugé les hommes—en isolé, en solitaire, du haut de sa sobriété—comme destinés à périr, et bons à détruire? C'est sans doute pour cela qu'il lança parmi eux Silène sur son âne.
En voyant l'ivresse ainsi symbolisée, comment les Bacchantes ont-elles osé boire?
Un seul homme a été noyé dans un tonneau de vin—mais combien de tonneaux de vin contient tout homme!
L'alcool, ce vice du sang.
Tous auraient le «vin triste» s'ils en comprenaient la portée.
C'est une absurde légende qui parle d'«hydromel» et de «nectar»;—les dieux n'ont besoin que d'eux-mêmes.
Et les mortels ont beau chercher des stimulants néfastes et indignes, pour se griser en dehors d'eux-mêmes, «pour s'ajouter ce qui leur manque», comme a dit un Allemand!—Être assez riche pour s'ajouter à soi—soi!