Pour aller à l’école, il regarde si ses mains ne sont pas trop noires, et il plante son bonnet de police kaki sur l’oreille.

A l’école gardienne, il y a des rangées de petits bancs, à droite pour les garçons, à gauche pour les filles. Lui, Jacques, se met toujours sur le coin du côté des filles, et Melanieke, du géomètre, sur le coin du côté des garçons.

Melanieke a des petites boucles blondes, une petite robe bleue décolletée et de petits bras grassouillets, nus.

Jacques tâche de s’en approcher, mais elle est très réservée et joue avec les petites filles. L’autre jour cependant, à la sortie, elle s’est laissée prendre par la main et est allée avec lui jusque chez l’épicier, où son petit frère est venu la prendre.

— Vois-tu, Mitje, s’il n’était pas venu, je l’aurais amenée à la maison, et tu aurais vu comme elle est jolie : plus jolie qu’Emma du secrétaire, que j’aime bien aussi. J’ai dit à Melanieke de venir jouer à la maison, que tu avais fait du pain de corinthes, mais elle m’a répondu : « Je ne peux pas, Jacques. » Si elle avait voulu venir, je l’aurais bien portée sur mon dos.

— Hier, me raconte Mitje, quand je le conduisis à l’école, Melanieke y allait aussi, conduite par son frère. Jacques l’a regardée, puis m’a dit : « Tenez, Mitje, ça me fait du bien de la voir. »


Les petites de huit à douze ans sont assises à découper du papier doré pour la jonchée de la Sainte-Vierge, dimanche prochain à la procession. Fineke qui a onze ans :

— Vous savez, les enfants ne sortent pas de la fosse au charbon, comme on le dit.

Bertha qui en a dix :