— Maw !
— Chichachouchatje, ma katje.
— Maw, maw !
— Miremaremiremous, ma jolie pousse.
Quand je dis « ma jolie pousse », il prit ma main dans ses quatre pattes, y enfonça ses ongles, la mordilla, sauta sur ses pieds et me donna un coup de patte, puis se refrotta à ma jupe en faisant : « Tja, tja ».
— Oui, ma jolie, oui, ma jolie ! Tu dois être une chatte : il n’y a qu’une chatte pour être aussi câline quand on l’appelle « ma jolie pousse ».
Je sortis. Elle s’assit sur le seuil à regarder la vie sur la place.
8 janvier 1915.
Hier nous sommes entrés dans le palais des singes. J’étais absorbée à regarder un chimpanzé qui se curait les dents, exactement comme j’ai vu faire ici à un grand dîner par un des hommes les plus distingués de la ville, quand tout d’un coup toute une rangée de singes se mirent à hurler et à sauter follement dans leurs cages. Sur la toiture de vitres, au-dessus, un homme nettoyait et, avec le torchon qu’il maniait des deux mains en marchant à quatre pattes, allait et venait. Les singes ne comprenaient pas ce qui se passait et leur terreur était indescriptible.
Un singe blanc du Congo sautait, en des cris fous, éperdument autour de sa cage, se cachant la figure de ses mains ; puis il allait s’enfoncer la tête dans une encoignure. Trois autres s’agrippaient, essayant de se cacher l’un sous l’autre, avec des cris et des regards d’épouvante vers le toit. Dès que l’homme fut passé, un des singes monta précautionneusement le long des barreaux pour inspecter le haut ; mais dès que la silhouette revint, maniant son torchon, il se laissa tomber de toute la hauteur sur ses compagnons ; et, accrochés l’un à l’autre, ils tremblaient et regardaient en l’air, exprimant la terreur la plus poignante. Ces singes-là étaient doux : je les caressai à travers les barreaux pour les calmer, mais rien n’y fit. D’autres encore se cachaient sous la banquette, se faisant le plus petits possible.