Elle sortit de sa poche un peigne de celluloïde ivoire, incrusté de turquoises.

— Regarde, avec tes rubans et tes cheveux doux comme de la paille fraîche, il est fait pour toi.

Les yeux d’Angelinette s’agrandirent : elle oublia sa méfiance.

— Ah ! oui, qu’il ira mieux ; mais je ne l’accepte qu’en échange de celui-ci. Je sais que tu n’as pas de sous : tu pourrais le vendre.

— Oh ! si ça t’arrange, je veux bien.

Et elle ôta le peigne brillant des cheveux d’Angelinette et y piqua l’autre.

— Dieu, qu’il va bien ! fit Angelinette en se mirant. Tu es gentille, tiens.

Et elle l’embrassa. La noiraude ferma les yeux, comme prise de défaillance.

— Merci, ma douce ; puis-je venir demain te dire un petit bonjour ? Je saurai si la teinture peut se faire.

— Mais oui, mais oui, viens donc.