— Mais, Angelinette, tu es transparente : prends garde, tu vas perdre ton corps et n’être plus qu’une ombre.

Et elle courait d’un bout à l’autre du banc de sable, sa chair enfantine faisant à peine saillie sur la charpente flexible. Une buée l’enveloppait si délicatement qu’on ne savait plus où elle commençait et où Angelinette finissait.

— Allons, viens toi maintenant.

Elle sauta à califourchon sur lui, les jambes autour de ses reins, et, d’un plongeon, ils disparurent. Il remonta en nageant, Angelinette accrochée sous sa poitrine. Elle suffoquait, soufflait.

— Ah ! Ah ! Ah ! bougre !

Et, d’une main, elle le gifla.

— Tu ne t’attendais pas à ça, hein ? là, laisse-moi te prendre autrement.

Et il la détacha de lui en la tenant autour des reins.

Elle s’était remise à rire, rassurée de se sentir en des mains si sûres. Ses cheveux s’étaient dénoués : ils la suivaient comme une queue déployée.

— Quand tu en auras assez, tu le diras.