— Que faire maintenant, que faire maintenant ? La nuit, elle aura froid, cria-t-il.


— Jean, prends ton traîneau, nous irons au parc, où l’on fait des statues de neige.

— Statues, tante ?

— Oui, ce sont des hommes ou des bêtes, en quelque chose comme la belle dame sans vêtements qui tient une coquille et que tu aimes bien.

— Mais puisque ça devient de l’eau, tante.

— Oui, ça ne durera pas, mais on aura pendant quelques jours le plaisir de les regarder, et quelques jours, c’est long pour du plaisir.

Dès l’entrée du parc, devant l’amas étincelant de neige, il entra en joie ; mais, quand nous arrivâmes à l’un des carrefours, où plusieurs sculpteurs, emmitouflés et bleuis de froid, échafaudaient de la neige et maniaient l’ébauchoir, il courut de l’un à l’autre, regarda tout, puis s’arrêta devant un groupe que modelait un jeune sculpteur : c’était un âne monté par le bonhomme Noël.

— Tante, c’est saint Nicolas. Il ne me fera pas de mal ?

— Non, tu as été sage.