— Viens, que je t’embrasse.
— Est-ce que je pourrais étouffer Pierre en me couchant dessus ?
— Mais certes, seulement il ne mérite pas ça : quand il est méchant, c’est à sa maman de le punir.
— Mais elle ne le fait pas, tante, elle le laisse être méchant.
— Écoute, tu ne feras plus mal au petit chat, n’est-ce pas ? Pense à ce que tu souffrirais si la grande bête dont je t’ai parlé en faisait autant avec toi. Si tu fais de ces choses-là, je n’oserai plus te laisser seul, il faudrait te surveiller comme Pierre.
— Comme Pierre ! fit-il.
Dès ce moment, il mania le petit chat avec délicatesse et disait souvent :
— Palpe-le, il a des os comme des arêtes.
« Nous ne sommes tout de même pas bons, pensais-je, notre geste initial est de nuire ; le bon, nous devons l’apprendre. »
Quand j’essaie de lui faire comprendre quelque chose, je ne trouve pas toujours les expressions à sa portée : ainsi « facultés développées »… Comment faudrait-il dire pour qu’il comprît ? Je ne trouve pas… Je demanderai à André, il saura.