— Oui, mon grand.

— Il va m’en donner une dans une autre boîte que je pourrai emporter, et la bête fera de la soie. Tu en feras une robe, tante ?

Mileke regardait Jantje, tout ébahi, ne comprenant point qu’il ne connût pas toutes ces choses, toutes ces merveilles qui le faisaient, lui, palpiter du matin au soir et la nuit dans ses rêves. Et le petit garçon en guenilles avait pitié du petit qui lui représentait le riche et qui n’avait pas tout cela.

— Je puis aussi te montrer nos pigeons et des nids d’oiseaux avec des œufs.

Et il l’emmena. Je rejoignis la petite femme. Le fils aîné, frère de la Doctrine Chrétienne, venait d’arriver en vacances. Embarrassé devant la dame étrangère, il s’assit, le chapeau sur la tête. Jantje entra en bombe.

— Tante ! j’ai vu un nid avec de tout petits oiseaux, et la mère voulait nous mordre. Et voilà un nid avec des œufs.

Il me mit le nid sur les genoux.

— Oh ! Jan, il faut rapporter ce nid : les petits oiseaux ne pourront naître, puisque la mère ne peut s’étendre sur les œufs pour les couver. Va rapporter ce nid.

— Mais tante !

— Mon grand, ils mourront, les œufs doivent avoir la chaleur de la mère pour éclore. Va, chéri, mais donne d’abord la main à monsieur.