J’allai vers la porte ; Jantje ne voulait pas rentrer, de terreur de l’homme en robe. Je criai au revoir à la petite femme et à son fils, et Jantje, serrant dans une main la boîte avec le ver à soie, s’accrocha de l’autre à la mienne.
— Tante, il ne va pas venir, le monsieur en robe ?
Nous revenions, Jantje et moi, rouges, suants, exténués par la chaleur et la sécheresse, d’une promenade dans les bruyères. De gros nuages s’accumulaient. Victoire ! la pluie !
Bien que les gouttes tombassent larges comme des soucoupes, les pavés les absorbaient, comme un dessus de fourneau brûlant. Puis l’orage éclata, mais pas violent, et la pluie s’accéléra, tomba droite de manière à pénétrer, et une délicieuse odeur de roussi, de terre trempée et d’herbe qui boit se répandit.
Et elle tombait, tombait, tombait, comme une joie, comme une exubérance de bonheur et de bien-être qui se répand, et tout ruisselait, et elle déferlait, et elle inondait et s’écoulait en un gros ruisseau le long de la route et des rues du village. Nous marchions lentement sous cette bénédiction.
En pleine pluie, Léon et Mileke endiguaient le ruisseau pour faire un lac, et ils bêchaient, leur petit cul hors de la fente de leurs culottes déchirées.
— Il pleut, medam’, me crièrent-ils.
— Il pleut, medam’, me cria Maria.
— Il pleut, medam’, me cria la mère.