— Père, dis-je, laisse-moi dormir cette nuit entre mère et toi ; j'aimerais tant, puis-je?

— Oui, ma Keetje, oui, ma «Poeske», et avec ta poupée, n'est-ce pas?

— Non, père, murmurai-je, avec vous deux seuls.

J'étais indéfinissablement heureuse.

JE FAIS DES VISITES

Un matin, ma mère me dit :

— Keetje, tu ne dois pas aller à l'école aujourd'hui : il faut faire ta visite chez Mademoiselle Smeders, puis tu iras, avec mes compliments, voir Mademoiselle Rendel[4].

[4] En Hollande les femmes mariées du peuple et de la petite bourgeoisie sont appelées Mademoiselle.

— Mais, mère, elles n'aiment pas que je vienne chez elles.

— Nous n'avons pas le choix, ma Keetje. Elles nous donnent chaque fois un pain : nous ne pouvons laisser d'y aller.