— Oui, j'ai de beaux enfants. Voulez-vous les nourrir? C'est une calamité! Mais qu'y faire? il faut bien les prendre quand ils viennent.
— Ah! cette candeur! Allons, camarade, couchez-vous.
Et nous nous endormîmes tous.
Le lendemain, à notre réveil, les hommes étaient partis.
Ma mère nous conduisit dans une chambre qu'elle avait louée la veille ; elle mit les petits par terre, me recommanda d'en avoir soin, et sortit chercher nos meubles. Nous fîmes un tel vacarme qu'à son retour, tous les locataires étaient en révolte, parce qu'on avait accepté dans la maison un ménage avec tant d'enfants.
Le fait est que ma mère avait, comme toujours, menti sur le nombre.
MA ROBE DE PREMIÈRE COMMUNION
La faim, c'était l'éternelle rengaine chez nous. Comment allons-nous faire pour trouver à manger? Quel expédient inventer? nulle part du crédit, et rien, rien, à mettre au clou.
— A moins, dit ma mère, que nous y mettions, pour quelques jours, ta robe de première communion.
— Ma robe de première communion! mais…