Une vieille dame vint, à large crinoline, les manches bouffantes, une collerette plate, en dentelle, autour de son cou nu et ridé, des bandeaux collés sur ses oreilles, et une coiffure de dentelles blanches, à rubans lilas.
— Tu viens voir mes tulipes ?
Elle ouvrit la porte du jardin.
— Oh ! fis-je.
Dans un tout petit jardin, dont les murs étaient entièrement couverts de lierre, il y avait deux corbeilles de tulipes, et, autour du jardin, une bande également de tulipes. Dans une des corbeilles se trouvaient des mélangées, surtout des mauves et des pourpres ; dans l’autre, seulement des rouges à rainure orange, et les tulipes autour du jardin étaient jaunes, rien que jaunes, comme de l’or : le soleil donnait droit dessus.
Je ne pus rien dire. Elle crut que je n’aimais pas ses tulipes.
— Tu ne les trouves pas belles ?
— Oh ! Mademoiselle, fis-je, en levant les yeux vers elle.
— Ah, je vois, tu es saisie… tu n’as jamais vu ça, n’est-ce pas ? Il m’est impossible d’en couper, cela ferait un vide ; puis les tulipes de cette corbeille-là sont toutes des premiers prix.
Elle me montra la corbeille de mauves et de pourpres.