— Mais tu peux revenir les regarder, puisqu’elles t’impressionnent tant. Viens maintenant voir les canaris.

Dans mon émoi, je n’avais pas aperçu la grande cage de canaris sur le haut du perron du jardin. J’avais déjà vu un ou deux canaris dans une cage, mais ici il y en avait vingt-cinq, me disait la dame. Ils étaient tous jaune-clair et avaient le chant doux.

— Je ne puis supporter le chant aigu, cela m’étourdit.

Je regardai en extase les oiseaux voltiger, ou s’ébouriffer les plumes, ou s’arrêter sur le bâton, se gonfler la gorge, ou chanter de joie, ou gazouiller comme s’ils se parlaient, se parlaient… Puis, il y en avait qui se trempaient dans un petit bac d’eau.

J’étais très intimidée, parce que je ne savais comment expliquer à la demoiselle que, si j’avais habité la maison, j’aurais passé les journées assise sur un petit banc entre les fleurs et les oiseaux. Je me sentais impolie de ne pouvoir rien dire et ne savais comment partir.

Elle me donna deux caramels en me conduisant à la porte.

— Alors, Mademoiselle, je puis revenir ? risquai-je.

— Oui, et bientôt, car les tulipes en ont encore pour huit ou dix jours.

— Je peux aussi revenir pour les canaris ?

— Oui, aussi pour les canaris.