— Oui, tu peux venir. Une fois à l’intérieur, on ne nous jettera pas dehors : nous avons nos robes de dimanche.
Elle nous toisa de haut en bas.
— Ah mais, tourne-toi donc, Keetje… Oh ! elle a… elle a du caca sur sa robe… Nous n’irons qu’à nous deux.
Je rentrai en pleurant.
— Mais pourquoi braie-t-elle encore une fois ?
— Mais elle braie pour braire, comme toujours…
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* *
Sur le canal, des petits garçons couraient après moi pour m’embrasser. Un d’eux m’attrapa. Je me mis à crier à tue-tête, en rejetant la tête en arrière. Une servante me dégagea : j’en eus un vif déplaisir. Je m’encourus. Quand le petit garçon me rattrapa, je rejetai encore la tête en arrière, mais je ne criais plus : je me laissais embrasser, en un long frisson de crainte et de volupté.
A HUIT ANS
— Je ne peux pas laisser mon bébé de trois mois seul : porter la casserole et l’enfant est impossible, je l’ai essayé. Alors si votre Keetje pouvait porter tous les jours le manger à mon homme, je lui donnerais dix-sept cents et demi par semaine. Elle n’a qu’à traverser la Haute-Ecluse, les remparts : la fabrique est au bout à gauche.