Puis à moi :

— C’est très bien, mademoiselle, vous pouvez concourir.

Mais le professeur me tortura tellement par ses chicanes et ses observations malveillantes, et mes sueurs nocturnes m’épuisaient à ce point que, à bout de résistance, je renonçai au concours. Puis je me disais aussi : « Si j’échoue, elle en profitera pour me renvoyer, et je veux continuer à travailler : ce concours n’augmentera pas mon savoir… »

Aussitôt que j’eus renoncé, elle devint charmante.

— Croyez-moi, mon enfant, le théâtre n’est pas votre affaire : il n’y a pas que la scène, il y a les coulisses… Vous n’avez pas ce qu’il faut, vous deviez plutôt manier la plume !

Je crus à une dernière noirceur.

Un élève me dit :

— Imbécile, concours, elle n’a fait cela que pour fixer toute l’attention sur la petite O… et lui permettre de décrocher un premier prix, et ce produit pour vieux messieurs ne l’aura pas si tu te mets de la partie.

Mais je n’en pouvais plus ; puis André m’avait dit qu’il ne voulait pas que je devinsse actrice, que cela détruirait notre bonheur…

Je partis donc faire une cure.