— Ah ! non, cela m’horripile, mais allons nous coucher.

— Ah ! ma petite bête, tu es charmante…

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* *

Le Carnaval approchait. J’avais un désir fou de me déguiser et d’aller au bal.

Un soir, Eitel me dit :

— Je vais te proposer deux choses, tu peux en choisir une… Nous pouvons faire le Carnaval, te louer un costume, aller dîner, puis au bal et souper, ou t’acheter une belle robe… une des deux, c’est à toi de choisir.

J’étais toute frémissante de joie, en l’entendant énumérer ces merveilles… Enfin je pourrais savoir ce que c’est que d’être belle et d’aller à un bal, ne fût-ce que pour une fois. Mais une jolie robe qui me durerait deux ans…

Il me regardait curieusement, de ses beaux yeux noisette. Je n’hésitai pas.

— J’aime mieux une robe, elle me restera, et je serai plus convenable pour sortir avec toi…

— Eh bien, voilà cent vingt-cinq francs, fais-toi élégante… Dans huit jours, c’est le Mardi Gras, nous irons manger un morceau et voir les masques.