Et il montra le haut de la maison.
Il me conduisit au premier dans une grande chambre, dont les murs étaient garnis de tiroirs, et des meubles à tiroirs se trouvaient au milieu.
Il alla vers les meubles et ouvrit les tiroirs. J’eus une exclamation de joie et de surprise : ils étaient remplis de fleurs artificielles.
— Fabricant…, dit-il, en mettant un doigt sur sa poitrine.
Il en ouvrit encore, et apparurent des guirlandes de roses, des piquets d’œillets, des camélias, — j’ai su les noms plus tard en rôdant au marché de fleurs de la Grand’Place, — puis des fleurs avec une goutte de rosée en verre dans le cœur et sur les pétales, et des feuillages embués de gris.
L’homme tristement ouvrait les tiroirs, et moi, en extase, je touchais du bout des doigts les fleurs. Il en tira encore un, et je ne pus retenir un cri d’admiration. Des guirlandes de fleurs, en calices de satin blanc aux bouts roses, mauves ou rouges, s’étalaient sur du papier de soie : c’étaient, à mon goût, les plus jolies de toutes.
— Une pour vous, choisissez.
Je pris celle aux bouts mauves.
— Des belles-de-jour, fit-il, en les enveloppant dans un papier de soie.
Nous nous remîmes au lit ; il me dit de dormir et en fit autant.