ACTE V.
SCENE PREMIERE.
LE ROY, CELIMANT, D. SANCHE.
LE ROY.
Ouy brave Celimant je ferois conscience
De vous priver des droits deuz à vostre naissance,
Malgré mes interests vostre rare vertu
M'oblige à relever vostre trône abatu:
Je veux rompre les fers que le malheur vous donne,
Rendre à ces mains le sceptre, à ce front la couronne,
Changer vostre destin vous le faire oublier,
Et ce sont là les noeuds dont je veux vous lier.
CELIMANT.
Voulez vous esprouver, Monarque incomparable,
Si quelque vanité flatte un Roy miserable?
Ou bien si dans l'estat où m'a reduit le sort,
Je puis encor avoir l'esperance du port?
Ah! joignez librement Cordouë à vostre Empire,
Ce n'est pas à ce bien que Celimant aspire,
Il ne se repaist pas de desirs superflus,
Et le trône est un lieu qu'il ne regarde plus.
LE ROY.
Quittez cher Celimant ces funestes pensees,
Oubliez pour jamais vos traverses passees,
Et songez qu'aujourd'huy vous pouvez remonter,
Au trône d'où le sort, a voulu vous oster,
Pourveu que vous vouliez contenter mon envie.