Et je proteste icy que vous aurez de moy
Ce que demande un frere & que merite un Roy.

CHERIFFE.

Agreable propos favorable promesse
Sermens qui dissipez ma cause & ma tristesse!
Que dessus mes esprits vos charmes sont puissans,
Et qu'agreablement vous ravissez mes sens.

LE ROY.

Celimant soyez libre, & reprenez l'Empire
D'un peuple dont l'audace a pensé vous destruire:
Je vous rends vostre sceptre avecque vos estats,

CELIMANT.

Grand Roy bien que le sceptre ayt de puissans appas,
Ils ne me touchent point; permettez, que j'aduoüe,
Qu'à regret je remonte au trosne de Cordouë,
Et que de ce bon-heur je me sens moins ravir,
Que du desir que j'ay de vous pouvoir servir:
Toutesfois puis qu'il plaist au plus grand des Monarques
De me rendre mes biens & ces illustres marques,
Que la rigueur du sort a mise en son pouvoir
Avecque son adveu je les veux recevoir,
Protestant devant vous de les mettre en usage,
Pour rendre à cét Estat un eternel hommage;
Mais grand Roy s'il vous plaist d'achever mon bon-heur,
Joignez à vos bien-faicts encore une faveur,
Je ne vous feray pas une priere injuste.

LE ROY.

Pour estre refusé vous estes trop auguste,
Demandez Celimant, & soyez asseuré,
Qu'à vous rendre content je suis tout preparé.

CELIMANT.