Mais nous n'avons jamais merité cet honneur
Et mon fils n'oseroit pretendre à ce bon-heur,
La Princesse, Seigneur, doit estre plus heureuse
Aussi pour s'abaisser elle est trop genereuse
Et Rodrigue n'est pas un assez digne Amant
Pour celle qu'on reserve à des Roys seulement.

DOM FERNAND.

Apres les grands effets qu'à produit son courage
Je sçay que je luy dois encore d'avantage,
Et que pour bien payer ses belles actions
Un Sceptre est au dessous de ses pretentions,
Aussi veux-je à ce point eslever sa fortune
Et rendre à ses desirs ma puissance commune,
Ma soeur est disposée à recevoir ses voeux
Ainsi l'amour pourra nous contenter tous deux
Si l'espoir glorieux d'estre un jour souveraine
Peut vaincre en ma faveur la rigueur de Chymene,
Dom Sanche de ma part l'est allé visiter
Il cognoist cet esprit il le pourra dompter,
Et comme il est adroit, j'ay beaucoup d'esperance
Du bienheureux succez qu'aura son eloquence:
Mais quels si longs discours peuvent l'entretenir,
Et quel sujet le rend si lent à revenir?
Puis qu'il est confident des secrets de mon ame,
Ne cognoist-il pas bien que je suis dans la flame
Où je brusle sans cesse, où je languis tousjours,
Et que par sa paresse il attente à mes jours?

DOM DIEGUE.

Que vostre Majesté, Sire, sorte de peyne
Le voila de retour.

SCENE SIXIESME.

DOM FERNAND, DOM DIEGUE, DOM SANCHE.
DOM FERNAND.

He bien qu'a dit Chymene

DOM SANCHE.