SCENE II.

HONORIUS, ARISTANDRE, PHILOXENE, POLIDARQUE, SOSIMENE, ALEXIS,
ARASPE, EUPHEMIEN, & deux Gardes.

UN GARDE.

Hola ho faites voye.

ALEXIS.

Euphemien le suit.
Helas à cet abord je me sens tout de glace,
Tirons nous à l'écart, & dedans cette place
Attendons les moyens, & la commodité
De parler à luy seul avecque liberté.

HONORIUS parlant à Philoxene & à Polidarque.

Je vous l'ay desja dit, invincibles courages,
Je voudrois qu'Olympie agreast vos hommages,
Et que coeur entier sensible à vos soucis
Pût en vostre faveur oublier Alexis:
Mais à vous dire vray, j'y vois peu d'apparence,
Vous sçavez ses mespris & son indifference,
Et que moy-mesme en vain j'ay tâché d'arracher
Le trait qui l'a blessée, & qui luy fut si cher;
Si pourtant ma faveur peut pour vous quelque chose,
Esperez tout de moy.

PHILOXENE.

Seigneur, toute la cause
Qui fait que cet objet mesprise nos souspirs,
Et montre une froideur contraire à ses desirs,
N'est pas tant un effet de sa premiere flâme,
Que d'un scrupule vain qui luy reste dans l'ame.
Ce sexe ayme souvent quand il feint de haïr,
Et sans doute Olympie est preste d'obeïr,
Pourveu qu'à cet ingrat dont le trait l'a blessée,
Elle puisse respondre avoir esté forcée.