ACTE V.
SCENE PREMIERE.
HONORIUS, EUPHEMIEN, POLIDARQUE & suitte.
Une voix prononce ces paroles lors que l'Empereur entre.
Arreste Honorius, c'est le Ciel qui l'ordonne,
Commande qu'on cherche un tresor
Cent fois plus precieux que les perles, ny l'or,
Et mets bas devant luy ton Sceptre & ta Couronne:
C'est le Palais d'Euphemien
Qui te recele un si grand bien.
HONORIUS.
Ciel, d'où vient cette voix? & quel est cet oracle
Qui parle d'un tresor, ou plutost d'un miracle,
Devant qui ma Couronne & mon Sceptre aujourd'huy
Se doivent abaisser comme moindres que luy?
Tu sçais Euphemien ce que je viens d'entendre,
Ce tresor est chez toy, c'est à toy de le rendre
Assez & trop long-temps tu me l'as recelé,
Mais en vain, car le Ciel enfin l'a revelé.
EUPHEMIEN.
Moy Seigneur un tresor, & que je vous recelle?
Moy je serois, grand Prince, à ce poinct infidelle?
Moy qui perdrois la vie afin de vous servir
Je garderois un bien que je voudrois ravir?
Ah Seigneur, renoncez à cette deffiance,
Jugez mieux de mon coeur & de ma conscience,
Et ne ruynez point par cette opinion
Ma gloire, mon estime, & vostre affection.
Le Ciel vous advertit Monarque incomparable
Que mon palais recelle un bien inestimable,
Mais que le mesme Ciel me confonde à vos yeux
Si je sçais où peut estre un bien si precieux:
Qu'on le cherche par tout, qu'on fouille, qu'on visite
Loing de vous destourner je vous en sollicite,
Et je seray ravy qu'on rencontre chez moy
Un tresor admirable & digne de mon Roy.