Cette voix toutesfois n'est pas l'effet d'un songe,
Et ce que dit le Ciel ne peut estre un mensonge
Contre luy les sermens ne sont jamais receus.
HONORIUS.
Vous travaillez en vain vos esprits la dessus:
Je sçais, je sçais amis quelle est cette merveille
Qui dans tout l'Univers n'eut jamais de pareille,
Et devant qui je dois plein de zele & d'ardeur
Abaisser ma Couronne & toute ma grandeur:
Ouy, je sçay le tresor qu'Euphemien recelle
C'est Olympie.
EUPHEMIEN.
Helas!
HONORIUS.
Ouy, ouy, c'est cette belle
Que le Ciel aujourd'huy par sa divine voix
M'ordonne de placer au dessus de cent Roys
Par sa rare vertu qui n'ait jamais d'exemple,
Elle est digne du trosne, elle est digne d'un temple;
Elle peut par mes voeux s'eslever au premier,
Et de mon coeur ardent se faire le dernier:
Allons luy de ce pas presenter l'un & l'autre,
C'est le vouloir du Ciel, & c'est aussi le nostre;
Je suis respectueux comme il est absolu,
Il faut que j'obeisse, & j'y suis resolu.
Va donc Euphemien, va trouver Olympie,
Prepare son esprit à cette juste envie.
Cependant que j'iray me disposer aussi
Aux honneurs que je veux qu'elle reçoive icy.
SCENE II.
AGLES, VIRGINIE.
Dans un Cabinet où doit estre un Tableau representant la Vierge cherchant son fils.