Le lendemain j'étais de quart de 4 heures à 8 heures du matin. Vers 6 heures, j'entends soudain un bruit insolite, je regarde et j'aperçois un gros poisson qui se débattait et frappait fortement le navire de sa queue. Je cris, comme c'est l'habitude dans ces agréables circonstances: «Bonne pêche! bonne pêche!» Les hommes du quart arrivent en courant l'un d'eux armé d'une longue gaffe dont le crochet était très aigu. Le poisson faisait force résistance. Il fallut six hommes pour le haler à bord. Le capitaine, entendant tout ce mouvement et persuadé que nous avions fait une belle capture, arrive à son tour. En effet, c'était un poisson appelé par les marins tazar, nom nullement scientifique, l'un des meilleurs de la haute mer; sa longueur était de 1m 60.

Il y avait de quoi régaler tout l'équipage, officiers et marins:

«Que dites-vous de ma pêche? dis-je au capitaine qui souriait.

—Que je vous félicite, et que je n'ai qu'une parole.

—C'est très bien, mon capitaine, mais, ce qui serait encore mieux, ce serait de reconnaître que ce beau poisson, qui, pour nous, est monté du fond de l'abîme, comme la manne en Égypte tombait du haut du ciel, nous vient aussi de Dieu.

C'est la récompense qu'il nous envoie pour n'avoir pas voulu enfreindre sa loi et avoir respecté le grand deuil du Vendredi Saint.»

Et mon oncle termine toujours sa petite narration, en se frottant les mains d'un air de conviction satisfaite, et ajoute: «Voilà comment l'équipage de notre navire, notre navire ce point perdu dans l'immensité des mers, sut rendre à notre Sauveur, ce jour-là, les honneurs qui lui sont dus.»

SEIZIÈME DEVOIR

LA PREMIÈRE COMMUNION

Je viens de passer une semaine bien agréable à la maison. Notre excellente supérieure, à la demande de maman venue me chercher, m'a octroyé la permission d'assister à la première communion de mon jeune frère. Le temps a favorisé ces grandes solennités, et demain, sous l'égide d'une bonne religieuse, je retournerai à mon cher couvent.