Oui, la France a senti passer le souffle des grands, des sublimes dévoûments, à l'évocation de cette jeune bergère, inspirée par Dieu. Elle accomplit, l'humble fille des champs, des prodiges qui étonnèrent ses contemporains et qui nous étonnent encore.
Oui, la vraie France de Clotilde et de Clovis, de Geneviève et de Charlemagne, de Louis IX, de Blanche de Castille, la France, fille aînée de l'Église, se lève pour acclamer l'héroïque libératrice du pays.
Autour de cette vaillante et chrétienne figure devraient se grouper tous les Français. Les plis de son étendard victorieux ne devraient abriter qu'un parti, celui de la Patrie. Les anti-patriotes qu'on nomme juifs et francs-maçons ne l'entendent pas ainsi. Ils ne veulent pas s'incliner devant cette gloire si pure!
Victor Hugo a dit: «Tout homme qui écrit un livre, ce livre c'est lui; qu'il le sache ou non, qu'il le veuille ou non, cela est. De toute œuvre quelle qu'elle soit, chétive ou illustre se détache une figure, celle de l'écrivain. C'est sa punition s'il est petit, c'est sa récompense s'il est grand.» L'homme est comme l'écrivain, il écrit sa propre histoire par la voie qu'il suit et par la vie qu'il mène. Ah! se sont-ils fait assez chétifs, assez petits tous ces hommes qui nient les vertus et les gloires de Jeanne d'Arc, uniquement parce qu'elle fut chrétienne, parce qu'elle fut grande aussi, par sa foi et par sa fidélité à cette religion du Christ, qui seule relève et ennoblit l'humanité.
Jeanne, la France entière a gardé ta mémoire;
Dans la gloire, apparais sur un trône immortel.
Jeanne, nous t'acclamons, c'est un chant de victoire
Qui passe frémissant aux quatre coins du ciel!
Ton âme est avec nous, le sublime génie
Qui t'inspira nous reste, et ce précieux legs,
À travers le temps plane encor sur la Patrie,
Vierge de Domrémy, patronne des Français.
Puis après le triomphe et les apothéoses,
Où la gloire à ton front met l'auréole d'or,
L'Église t'a donné, sacrant toutes ces choses,
La palme de ses saints pour te grandir encore!
DIX-SEPTIÈME DEVOIR
LES PROCESSIONS
Ces belles pompes religieuses du catholicisme observées par les uns, honorées par les autres et toujours respectées, datent d'une très haute antiquité. On peut les faire remonter à la cérémonie de la translation de l'Arche d'Alliance, célébrée en grandes pompes parmi le peuple d'Israël. La bible cite encore la procession de Josué autour des murs de Jéricho et celle, pendant laquelle le roi David dansa devant l'Arche. Ces solennités n'étaient que la figure des manifestations extérieures et pieuses que nous appelons aujourd'hui: processions.
Nous ne parlerons pas ici des processions païennes des Grecs et des Romains; en l'honneur des dieux de l'Olympe ils en faisaient de très solennelles à diverses époques de l'année.
En France, les processions religieuses du Moyen-Age étaient plus nombreuses que de nos jours, mais beaucoup, ayant alors dégénérées en mascarades grotesques, l'Église dut en supprimer un grand nombre.