Lorsque deux personnes ont un intérêt majeur à cacher le contenu des lettres qu'elles s'adressent, les moyens employés, ordinairement, pour s'écrire, ne peuvent plus servir. Aussi pour arriver à correspondre d'une manière plus ou moins sûre, capable de déjouer les investigations d'une personne étrangère ou d'un ennemi, se sert-on alors de la cryptographie.

Donc, la science cryptographique remonte à la plus haute antiquité; l'histoire nous apprend, qu'en plusieurs occasions, le prophète Jérémie se servit de caractères secrets pour sa correspondance, et on sait que les Romains, les Grecs, les Carthaginois, les Perses et les Phéniciens usèrent de ces moyens, et parfois très utilement. Polybe, Plutarque, Suétone, Aulu-Gelle, Jules l'Africain nous ont laissé de précieux renseignements à ce sujet.

Pour correspondre secrètement, les Anciens se servaient de planchettes ou de dés percés de vingt-quatre trous, (représentant les lettres de l'alphabet) au travers desquels, un fil passait dans un certain ordre et aidait à deviner la signification du texte qui s'y trouvait caché; il suffisait, en effet, que le correspondant, recevant la dépêche, sût à l'avance la lettre convenue pour chaque trou. Connaissant cette clé, il lui était alors facile d'opérer le déchiffrement.

Ce procédé a été inventé par Tenéas, le tacticien, qui en parle dans ses commentaires, sur la défense des places (IVe siècle avant Jésus-Christ). Il est loin d'être inviolable et fait partie de la catégorie des systèmes, dits de substitution simple, dans lesquels la même lettre est toujours remplacée par le même signe.

Tenéas indique aussi divers autres moyens que l'on employait de son temps.

Les États chinois et quelques autres pays lointains n'ont pas de postes régulières, l'État n'a pas là-bas le monopole et aucune entreprise n'est chargée de ce service.

Chacun est libre d'ouvrir des «boutiques pour lettres» et d'essayer à ses risques et périls du transport des correspondances.

Cela ne veut pas dire que le service postal y soit plus mal fait qu'ailleurs.

À Shang-Haï, par exemple, il n'y a pas moins de 200 boutiques pour lettres où l'on rivalise de zèle pour être agréable au public.

La taxe de chaque lettre varie suivant la distance à parcourir. Cette taxe varie aussi suivant que l'enveloppe contient ou ne contient pas de valeurs.