On nomme philatélistes les collectionneurs de timbres-poste et philatélie leur douce manie. Ce mot rébarbatif vient du grec:
Philos, ami, amateur, et atelès (en parlant d'un objet), franc, libre de charge ou d'impôt, affranchi. Substantif ateleia. Philatélie signifie donc: amour de l'étude de tout ce qui se rapporte à l'affranchissement.
C'est un peu tiré par les cheveux, mais il en est souvent ainsi avec les mots qui sont formés de racines grecques.
La première origine des timbres-poste en France est très curieuse.
L'histoire de ces petits carrés de papier, dont plus d'un a fait le tour du monde, remonte au XVIIe siècle ainsi que le prouve l'extrait ci-dessous de la Gazette de Loret.
En France, sous Louis XIV, quand le roi était éloigné du lieu où la cour résidait, les personnes de sa suite se procuraient des marques qu'elles apposaient sur les lettres destinées à Paris, pour les faire recevoir et porter par les courriers de Sa Majesté.
Un collectionneur, M. Feullet de Conches, possède une lettre envoyée à Paris, écrite à Mlle de Scudéry par Pélisson Fontanier et sur laquelle se trouve ce genre de timbre-poste.
Voici d'ailleurs le règlement du 18 août de 1654:
«On fait assavoir à tous ceux qui voudront escrire d'un quartier de Paris à un autre que leurs lettres, billets ou mémoires seront portés et diligemment rendus à leur adresse, et qu'ils en auront promptement réponse, pourvu que lorsqu'ils escriront, ils mettent à leurs lettres un billet qui portera port payé, parce que l'on ne prendra d'argent; lequel billet sera attaché à la dite lettre, ou en toute autre manière qu'ils trouveront à propos, de telle sorte néanmoins que le commis puisse voir et l'oster aysément.»
Ainsi que le dit Loret, le prix de ce billet d'affranchissement était d'un sou tapé. Le règlement se termine ainsi: «Les commis commenceront à porter les lettres le dix-huit août 1654. On donne ce temps afin que chacun ay le loisir d'acheter des billets.»