La Gazette de Voss nous apprend qu'en 1650 déjà, mais seulement pendant très peu de temps, la poste anglaise mit à la disposition du public des enveloppes timbrées, idée qui fut ensuite, en 1818, remise en pratique dans l'île de Sardaigne, mais aussi seulement pendant peu de temps. Ces enveloppes sardes devenues rarissimes, sont payées par les collectionneurs au poids du diamant.

C'est à partir de 1840, que l'usage des timbres-poste s'est introduit d'une façon générale d'abord en Angleterre (1840), au Brésil (1843), à Genève (1844), aux États-Unis (1846), en Russie (1848), en France (1849), en Prusse (1850), etc.

Avant 1866, il existait à l'usage des différents États de l'Allemagne jusqu'à 177 timbres-poste; aujourd'hui en dehors des timbres de l'empire il n'y a plus que la Bavière et le Wurtemberg où l'on se serve de timbres particuliers; la Bavière spécialement tient à conserver ce privilège en mémoire de ce fait que cet État a le premier en Allemagne adopté, en 1849, l'usage des timbres-poste.

C'est donc en 1849 qu'eut lieu la première émission de deux timbres chez nous. Ces deux timbres étaient à l'effigie de la République, l'un de 20 centimes pour l'intérieur, il était noir. L'autre de 1 fr. pour l'étranger, il était rouge.

En 1852, nouveaux timbres-poste de 10 centimes (bistre) et de 25 centimes (bleu) avec la tête de Louis Napoléon Bonaparte. En 1853, on vit apparaître le timbre de 40 centimes. En 1855, on nous donna celui de 5 centimes, et en 1860, celui de 1 centime.

Un changement s'opéra dans les timbres français en 1863: Napoléon III y fut représenté la tête couronnée de lauriers. Vint, hélas! le 4 septembre de 1870, on remit en usage le timbre de 1849 à l'effigie de la République et jusqu'en 1876 il ne subit que de petites variations, depuis il a été créé plusieurs types nouveaux. On assure que pour la Semeuse, dernier modèle, 700 concurrents se sont présentés et 3 modèles seulement ont obtenu des prix.

C'est en Amérique que l'on trouve la plus grande variété de timbres. Ils représentent habituellement le portrait d'un des grands hommes des United States. Selon la valeur, le portrait varie: avec le timbre d'un centime, on a l'effigie de Franklin; avec un autre, celui de Washington; avec un autre encore, celui de Jefferson, et ainsi de suite. Il n'en faudrait pas conclure cependant que les Américains estiment leurs gloires nationales à la valeur de leurs timbres.

D'autres timbres des États-Unis représentent l'image de Christophe Colomb sur sa Caravelle la Santa Maria; tous les timbres commerciaux, en nombre incalculable, sont aux effigies variées.

Les États-Unis, lors de l'exposition de Buffalo, ont émis une série de timbres donnant les divers modes de locomotion à l'aurore du XXe siècle.

Le 1 centime vert, représente un bateau à vapeur des grands lacs de l'Amérique du Nord. Dans le timbre de 2 centimes rose, nous voyons un train express aux longues et confortables voitures filer à toute vapeur à travers une plaine à perte de vue. Voici le 4 centimes brun-rouge, avec un coupé automobile, arrêté devant le capitole de Washington. Le 5 centimes bleu ciel, nous présente un magnifique pont d'une seule arche, jeté sur les chutes du Niagara; tandis que le 8 centimes violet nous fait assister au passage d'un grand vapeur à travers une écluse.