Bien des femmes aux visages pâles, aux yeux rougis par les larmes, les mains jointes, agenouillées sur la terre humide, s'absorbent dans une muette et douloureuse méditation.
Bien des âmes désolées viennent là, se souvenir et prier, pendant que le ciel d'hiver gris et morne, comme s'il s'associait à l'angoisse générale, répand une glaciale tristesse sur ce jour qui fait saigner les cœurs, en mêlant tout à la fois aux peines présentes de la vie, les regrets du passé!
Ah! c'est à la porte de tous les cimetières qu'on devrait inscrire cette épitaphe lue sur une tombe. «Ici le repos, là-haut le bonheur».
DIXIÈME DEVOIR
LE CULTE DES MORTS
M. Félix Duquesnel écrit à ce sujet:
Tous les peuples, depuis l'antiquité la plus profonde, ont eu le culte des morts.
Tous, il est vrai, ne l'ont pas pratiqué de même manière, car les rites des funérailles sont divers, et empruntent leurs caractères particuliers aux croyances religieuses du peuple qui les accomplit. Mais partout, sous les formes différentes, se retrouvent toujours deux sentiments dominateurs, le respect de la mort et la notion de l'immortalité de l'âme.
Qu'il s'agisse du premier ou du dernier de la nation, du plus illustre ou du plus humble, l'attitude de la foule reste semblable, parce que la sensation est toujours la même, et se traduit par le recueillement instinctif, le retour sur le passé, et l'appréhension de l'au-delà.
C'est, d'ailleurs, une recherche curieuse à faire que celle de la forme des funérailles en général, et, en particulier, des funérailles solennelles, aussi bien chez les peuples de l'antiquité, que dans le monde moderne, avec les usages et les particularités symboliques qui les accompagnent.