Des trophées d’armes et de drapeaux des gardes suisses en décorent l’intérieur, le dix août de chaque année on y célèbre une messe des morts.
Les flâneries en ville sont pleines d’attrait. Le passé et le présent s’y coudoient continuellement. Là c’est le passé: vieilles maisons d’un style très ancien, vieilles halles, vieilles tours; ici, c’est le présent, c’est la Lucerne moderne avec ses splendides hôtels, et le contraste de cette physionomie changeante offre à l’étranger qui passe un véritable intérêt.
La plus ancienne et la plus belle église de Lucerne est l’église de St-Léodegard, fondée selon la tradition par Wickard duc de Souabe en 695, détruite par un incendie, elle fut reconstruite en 1634 sous sa forme actuelle. Les sculptures extérieures du portail et de la tour sont superbes. On admire à l’intérieur les grilles en fer forgé du maître-autel et du baptistère, les stalles du chœur en bois sculpté, les vitraux anciens, les autels richement dorés, et enfin le beau tableau, un christ au jardin des Oliviers, de Lanfranc, élève de Guido Reni, et une très belle sculpture en bois représentant la mort de la Vierge.
Maintenant, ce qu’il y a de plus remarquable, ce sont les orgues qui comptent parmi les plus considérables et les meilleures, non seulement de Suisse, mais de toute l’Europe, on y a travaillé plusieurs années. Ces orgues possèdent quatre mille cent trente-et-un tuyaux, j’ai eu la bonne fortune de les entendre. Outre le registre de la vox humana merveilleusement réussi, elles possèdent une vox angelica dont les ondulations dirigées par une ouverture percée dans la voûte redescendent en modulations d’une harmonie toute céleste. Je suis revenue ravie des effets puissants et du charme pénétrant de ces orgues célèbres. L’église est entourée d’un cimetière rempli de monuments, je ne trouve rien de plus triste que la visite de ces champs du repos, il m’a cependant fallu traverser celui-ci, ses longues arcades lui donnent absolument l’air d’un campo santo italien. Je ne voudrais pas être obligée de décrire toutes les promenades qui entourent Lucerne, il faudrait des volumes...
Le lac pittoresque d’Uri consacre le souvenir de Guillaume Tell, ses bords ont été témoins des évènements qui en ont fait le héros populaire de l’Helvétie. Dans le canton d’Uri, nous avons foulé l’herbe de la célèbre prairie de Grütli où les fondateurs de la liberté helvétique prêtèrent serment en 1307.
N’est-ce pas en évoquant ce souvenir que le poète zurichois Keller disait: «Laissez briller la plus belle étoile sur mon pays, sur ma patrie.»
Il est bon de rappeler en passant que les quatre cantons qui ont fait la Suisse sont restés profondément catholiques.
Tout le parcours du chemin de fer de Berne jusqu’à Lucerne, Zurich et Schaffhouse est extrêmement riche et plantureux: coteaux fertiles, lacs transparents, bois séculaires, prairies veloutées, chalets découpés en dentelle.
Séjour à Zurich, ville intéressante à visiter et à étudier.
La cathédrale le Munster est fort belle, l’Hôtel-de-ville, les collèges, les hôpitaux, le casino sont aussi de beaux édifices, on fait remarquer aux étrangers le monument de Gessner et le tombeau de Lavater.