Athie la désolée.

Le commerce d’Anvers est encore considérable. J’ai vu avec étonnement et admiration son port couvert de vaisseaux, dont les milliers de mâts émergent de la mer, comme les arbres d’une immense forêt. J’ai encore visité, avec beaucoup d’intérêt, son musée, le plus beau du royaume, et qui possède les plus belles toiles de Rubens.

Nous avons admiré à Notre-Dame, dont la tour est le plus haut édifice de la Belgique, le magnifique tableau de Rubens: La Descente de Croix.

Nous avons longuement promené Georgette et moi dans le magnifique jardin zoologique, le plus complet que j’ai vu. Il passe du reste pour l’un des plus pittoresques et des mieux entretenus qu’il y ait en Europe.

On vante son palais de verre, décoré dans le goût égyptien, qui permet de voir à couvert la ménagerie et d’assister au repas des fauves.

Anvers possède aussi un jardin botanique, dont l’origine est... originale.

Un jour de l’année 1826, on faisait une vente de fleurs qui avait attiré foule d’amateurs. Parmi ces collections se trouvait un arbuste fort rare et d’un prix si élevé, qu’il ne trouvait point acquéreur.

«Eh bien! qu’on l’achète pour le jardin botanique de Bruxelles, cria une voix.

—Vous avez raison, répondit un secrétaire du Roi.

Et la voix railleuse reprit: C’est ça, laissons partir le plus beau fleuron de notre couronne. N’est-ce pas honteux que la ville d’Anvers n’ait pas un jardin botanique?»