Grand’messe à la Madeleine.—L’après-midi promenade aux jardins des Tuileries, et du palais Royal.
L’Eglise de la Madeleine fut commencée sous Louis XIV. C’est Mademoiselle de Montpensier qui en posa la première pierre.
Sous Napoléon Ier, elle n’était point encore achevée et ce grand conquérant rêva d’en faire un temple à sa gloire et à celle des armées françaises. Des tables d’or devaient former les pages des annales de l’Empire... Mais les conquérants passent vite parfois et la Restauration fit mieux en rendant ce bel édifice à sa première destination: Au culte de Dieu.
Le perron a 28 marches et le péristyle 52 colonnes avec 34 statues dans des niches carrées.
Les portes de bronze ont de superbes bas-reliefs. Le fronton, œuvre de Lemaire, représente le Jugement dernier.
La Madeleine a le style d’un temple grec, c’est fort beau, mais quand il s’agit des églises, je préfère bien le style gothique avec ses fenêtres ogivales, dont les vitraux de couleurs répandent de si douces et mystérieuses clartés.
L’intérieur est somptueux, on y officie comme dans toutes les grandes églises de Paris avec beaucoup de solennité.
Le jardin des Tuileries évoque bien des souvenirs plus tristes que gais. Où est-il ce beau palais commencé sous Catherine de Médicis et qui depuis Louis XV fut la résidence habituelle de nos rois. Ils se plurent à l’embellir, Napoléon III particulièrement. Le peuple devait en avoir raison et le détruire un jour, du reste, dans tous les temps d’émeutes et de révolutions, c’est toujours le palais des Tuileries que le peuple attaque d’abord: en 1792, il s’en empare et massacre les Suisses fidèles, même scène en 1830, et en 1848, il en est le maître; en 1871 le peuple a progressé il ne se contente plus du pillage et du vol, la torche incendiaire de la Commune passe partout et le réduit en cendres.
Quelle honte! quelle tache incrustée au front de Paris, que ces ruines... aussi s’est-on empressé de les faire disparaître et de remplacer les beautés de l’art par celles de la nature.
On a donc créé un nouveau jardin qui cache sous ses arbustes et ses fleurs l’emplacement même du palais des Tuileries.