Sous Louis XIV, le jardin primitif renfermait une vaste volière, un étang, une ménagerie, une orangerie.
En 1665, Le Nôtre dessina un nouveau plan avec les deux belles terrasses que l’on admire encore aujourd’hui: la terrasse du Bord de l’eau donnant sur la Seine et la terrasse des Feuillants dont le monastère avoisinait les Tuileries.
Sur l’emplacement même du manège des Tuileries on éleva en 1790 une salle où l’Assemblée constituante termina sa session, où l’Assemblée législative tint la sienne et où la Convention délibéra jusqu’en 1793. Le Conseil des Cinq Cents y siégea aussi jusqu’en 1798.—Rien ne manque aujourd’hui à la décoration de ce vaste jardin de 30 hectares, grands arbres ombreux, massifs d’arbustes, parterres de fleurs, bassins d’eau vive, terrasses de l’Orangerie et du Jeu de Paume, pelouses verdoyantes. Ajoutons que toutes ces délicieuses choses de la nature sont encore embellies par de nombreuses statues et des groupes de marbre et de bronze dûs à nos meilleurs maîtres français.
Nous avons promené au jardin des Tuileries avec une dame, amie de ma cousine qui nous a raconté un fait bien touchant arrivé dernièrement devant elle à la gare de l’Est.
Deux femmes et une petite fille guettaient anxieusement l’arrivée du train de Strasbourg. La grand’mère attendait son mari qui venait aussi lui voir l’Exposition.
«Grand-mère, disait l’enfant, va-t-il bientôt arriver.
—Oui, chérie, prends patience, répondait l’aïeule.
Soudain le sifflement aigu de la locomotive se fait entendre, une porte s’ouvre, le flot des voyageurs s’écoule par cette grande baie un instant trop étroite.
—Le voilà, le voilà! crie la petite fille.
Un petit vieux, sec, cassé, simplement mais proprement vêtu apparaît. D’une main, il s’appuie sur un parapluie et de l’autre, il brandit un bouquet de fleurs et avant d’avoir embrassé sa femme, sa fille et sa petite-fille, il leur a tendu le bouquet.