«Puisque Corneille est mort, qui vous donnait du pain
«Faut vivre de Racine ou bien mourir de faim.»

«Corneille était mort en 1684, et Molière en 1673, ils ont donc précédé la constitution de ce théâtre, et c’est à l’Hôtel de Bourgogne, situé alors rue Turbigo, que leurs œuvres sauf quelques-unes, (jouées à Versailles, devant la Cour seule) ont été offertes au public. Ces deux grands hommes sont pourtant considérés comme les véritables créateurs de ce théâtre, dont Napoléon Ier a dit un jour: «Le Théâtre Français est l’orgueil de la France, l’Opéra n’en est que la vanité.»

En 1770, les artistes de la Comédie-Française furent, avec la permission du roi, s’installer aux Tuileries et y restèrent jusqu’en 1782, à cette date, ils allèrent dans une nouvelle salle élevée sur l’emplacement de l’Hôtel de Condé, salle reconstruite plus tard et devenue l’Odéon.—C’est là qu’en 1784 fut joué pour la première fois le Mariage de Figaro, véritable prologue de la Révolution. Là aussi en 1787 débuta Talma, qui, plus tard, devait jouer à Erfurt devant le «parterre de rois» que lui avait promis l’empereur.

«Sous l’Empire, les artistes suivent l’empereur à Saint-Cloud, à Fontainebleau, à Trianon, à Compiègne, à la Malmaison. Ils le suivent en Allemagne, à Dresde, à Erfurt. Ils étaient désignés sous le nom de «Comédiens ordinaires de S. M. l’empereur et roi».

«On a gardé souvenir de la fameuse soirée du 22 octobre 1852 à laquelle assistait le prince Louis-Napoléon, président de la République. On y joua Cinna. On y entendit une ode d’Arsène Houssaye: L’empire c’est la paix et un proverbe d’Alfred de Musset: Il ne faut jurer de rien. Le prince président y fut fêté avec un indescriptible enthousiasme, et quand il remonta en voiture pour retourner à Saint-Cloud, les cris de: «Vive l’empereur!», partirent tout seuls».

Cette nouvelle dynastie impériale qui allait se fonder si florissante, si durable semblait-il n’existe plus. En 40 ans, le père et le fils sont morts. Vraiment le monde n’a de stable que son instabilité!

Lundi 28 Octobre 1889.

A l’Exposition.—Les Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont voté un million deux cent cinquante mille francs pour leur installation, c’est dire qu’elle est très complète et renferme quantité d’objets fort intéressants mais impossible à énumérer. Quinze cents exposants sont venus. J’ai beaucoup admiré les boutiques en bois de rose massif d’un bijoutier qui expose quantité de diamants entre autre un collier de deux millions.

J’ai encore remarqué ce qu’à New-York on appelle le vase centenaire. Ce vase en argent massif fort artistement travaillé est d’une hauteur de 1m28, il pèse 60 kilos et vaut 125000 francs.