Quant au fils qui étonne le monde par ses découvertes et ses inventions, qui, né dans une chaumière, habite aujourd’hui un palais, disons-le bien vite, c’est à son travail seul qu’il le doit; sa vie est un conte de fée.
Excellent époux, excellent père, excellent maître, il rend tout le monde heureux. Il mène une existence fort régulière, cependant il lui est arrivé de rester quelquefois, hanté par le génie de l’invention, 40, 50, 60 heures même de suite au travail sans boire, ni manger, ni parler à personne. En temps ordinaire, il se borne à surveiller ses ouvriers au nombre de 3000. Constamment entouré d’un état-major d’ingénieurs, Edison, avec leur aide, est arrivé à 600 découvertes et inventions. Il est du reste bien récompensé de ses travaux car il a su doubler sa gloire de 50 millions de fortune.
Tout captive, tout retient dans cette exposition unique et merveilleuse, soit qu’on monte ou qu’on descende l’échelle des âges et des êtres. Que de rayonnements partout, il est impossible de ne pas rapporter quelques étincelles de tant de lumières.
Quel triomphe que ces conquêtes pacifiques qui apportent le bien-être et la richesse aux peuples, n’est-ce pas la vraie gloire, celle qui crée et comme elle laisse loin derrière elle celle qui détruit: la gloire sanglante des champs de bataille, ce qui n’empêche que l’exposition de la guerre ne soit formidable. C’est au frontispice de cette galerie qu’on peut mettre: «Qui veut la paix, prépare la guerre.»
Espérons donc qu’avec cette préparation permanente de la guerre nous garderons toujours la paix et que dans 10 ans nous assisterons à une autre joute pacifique de l’univers. De nouveaux perfectionnements, de nouvelles découvertes viendront nous émerveiller encore. La science est insatiable. En Avant! c’est la devise du progrès. Oui cette nouvelle exposition deviendra alors le magnifique berceau du XXe siècle.
Mardi, 29 Octobre.
Journée pieusement employée à visiter les églises, je ne dirai pas toutes, car quoique Paris compte moitié moins d’églises et de chapelles que Rome qui en possède environ trois cents, ce serait une rude tâche s’il fallait toutes les voir le même jour. J’ai visité avec grand intérêt Saint-Sévérin, une des plus vieilles et des plus curieuses églises de Paris.
Comme date primitive de sa fondation, elle remonte à la fin du XIe siècle, mais elle fut réédifiée au XVIe et agrandie au XVIIe. Elle possède de beaux vitraux, de belles peintures et beaucoup d’inscriptions funéraires. C’est dans cette église que furent placées les premières orgues qu’on ait entendues à Paris.
L’église Saint-Germain-des-Prés a gardé le nom de l’ancien monastère dont elle dépendait et qui se trouvait situé au milieu de vastes prairies d’où son nom. Voilà donc tout ce qui reste de cette puissante abbaye, qui, plusieurs fois saccagée par les Normands et plusieurs fois reconstruite, avait été fondée sous Childebert. Le pinceau de Flandrin a concouru à l’embellissement de l’intérieur, les fresques et les vitraux du chœur sont de lui. Non loin de l’abbaye, se trouvait le fameux Pré-aux-Clercs, où tous les escholiers et basochiens de la vieille Lutèce allaient promener, s’ébaudir et deviser.
Saint-Germain-des-Prés et Saint-Germain l’Auxerrois sont certainement deux des plus anciennes églises de Paris, et la monographie qu’un journaliste de loisir—mais y en a-t-il?—en pourrait faire ne serait pas sans intérêt.