Saint-Germain l’Auxerrois, fondée par Chilpéric I, rappelle bien des souvenirs brillants, n’était-ce pas la paroisse royale où les grandes dames et les seigneurs de la cour se pressaient quand le roi de France habitait le Louvre et les Tuileries.

Saint-Gervais est une vieille église du XVe siècle, elle est de style ogivale, sauf le portail remarquable dans son genre mais qui détonne avec le reste. Elle a encore quelques beaux vitraux échappés au vandalisme de la Terreur qui en brisa la majeure partie. Les stalles du chœur, en bois sculpté, proviennent de Port-Royal-des-Champs, comme les chandeliers et la croix de bronze doré du maître-autel proviennent de l’ancien abbaye de Sainte-Geneviève. En 1795 Saint-Gervais fut concédé aux Théophilanthropes (amis de l’homme). Cette secte née des folies révolutionnaires et qui voulait fonder une nouvelle religion en fit le temple de la Jeunesse comme elle avait fait de Saint-Laurent le temple de la Vieillesse, de Saint-Eustache le temple de l’Agriculture, et de Saint-Roch le temple du Génie.

Devant sa façade existait encore au commencement du siècle, un vieil orme sous lequel on avait rendu la Justice, d’ailleurs c’était la coutume autrefois d’avoir à côté de l’entrée principale de l’Eglise un arbre de haute futaie autour duquel les fidèles se réunissaient en attendant l’office.

Madame de Sévigné s’est mariée en cette église; dans la chapelle de Scarron se trouvent aussi des souvenirs de Madame de Maintenon.

Saint-Eustache est une belle église demeurée plus d’un siècle en chantier. Ses souvenirs historiques ne sont pas gais. Plusieurs prêtres y furent massacrés lors de l’invasion des Pastoureaux. C’est là que se forma la confrérie des Bouchers qui sous Charles VI causa tant de frayeur dans Paris.

Saint-Roch est très riche en œuvres d’art. Cette église garda longtemps sur la façade les traces de la mitraille et des balles que Bonaparte le 13 vendémiaire, à la tête d’un bataillon de volontaires lança sur les sections insurgées qui se dirigeaient contre la Convention.

La Trinité est une superbe église toute neuve, toute jeune, elle a à peine trente ans. On pourrait l’appeler la paroisse du beau monde. Les élégantes en remplissent la nef, pieusement accoudées sur leur prie-Dieu de velours.

Le square qui la précède avec sa fontaine monumentale, ses perrons à balustre, sa façade surchargée d’ornements, style renaissance lui donnent grand air, c’est un beau monument moderne.

Notre-Dame-des-Victoires est une des églises les plus fréquentées de Paris, ce qui prouve combien la dévotion à la Mère de Dieu est répandue dans toutes les classes. Louis XIII en posa la première pierre, en 1629 et l’appela Notre-Dame-des-Victoires, en souvenir des succès remportés par les catholiques sur les hérétiques.

Cette église servit de Bourse pendant la Révolution et fut rendue au culte en 1809. Les boiseries du chœur sont remarquables et le nombre des ex-voto de tous genres est infini. La province y a une large part. Ces témoignages de reconnaissance et d’amour symbolisent bien des grâces reçues et prouvent que la Vierge Mère comme son divin Fils aime les Francs.