N’est-ce pas d’ailleurs au milieu des plus grandes foules que le sentiment de l’isolement se fait le plus sentir et qu’on éprouve le besoin de revenir à son chez soi. Je regagne mon home champêtre, vraiment fière d’être Française!
Jeudi 31 au matin. Jour du départ.
J’ai donc dit hier un dernier adieu à cette ville unique. l’Exposition où toutes les nations en grandes dames qu’elles sont, accourues avec empressement, se sont présentées dans tout l’éclat de leur beauté et de leur splendeur, entourées de tout ce qu’elles ont de meilleur et de plus admirable. J’ai dit avec regret un dernier adieu à toutes ces merveilles qui bientôt vont disparaître.
La pioche du démolisseur a déjà commencé son œuvre; le sol va se couvrir de débris informes et cet ensemble inoubliable ne présentera plus que l’image du chaos. Tout passe, tout croule, tout fuit.
C’est la loi ici-bas, même pour les meilleures et les plus belles choses: L’histoire est là pour nous raconter le lamentable sort des plus grandes cités et des plus beaux monuments de l’antiquité. Le temps en a fait des ruines.
Ma cousine voulait me garder encore: «Reste, m’a-t-elle dit, reste pour la Toussaint et pour la fête des Trépassés, tu verras quel culte, quel respect les Parisiens professent pour les morts. Nous irons voir le cimetière du Père Lachaise, cette nécropole incomparable où pendant deux jours, le 1er et le 2 novembre une foule considérable dans le silence et le recueillement apporte aux chers disparus, à ceux qui sont déjà rendus au port, un tribut de fleurs et de larmes, de regrets et de prières.»
—Je te remercie, mais je refuse.
—Tu as tort, tu verrais une ville d’une superficie de plus de 40 hectares toute bâtie de stèles, de colonnes, de monuments splendides, toute remplie de souvenirs historiques, puisque là reposent tant de célébrités.
—C’est ça! une ville des morts à faire envie aux vivants.
—Tu l’as dit, c’est presque un cimetière gai.... aucun aspect sombre, le trépas se voile sous les feuillages les plus charmants, les fleurs les plus parfumées.