REFRAIN:

Il faut les voir tous ces Parlementaires,
Pots-d’vins par devant, pots-d’vins par derrière,
Il faut les voir, disant d’un air confit
A l’électeur: «Mon p’tit! mon p’tit! mon p’tit!»
Pendant que l’écho leur répond:
«Fripons! fripons! fripons!»
«—Ah! dit le peuple, tas d’coquins,
Vous êtes fins, mais cett’fois j’vous tiens,
Oui, je vous tiens!»

De tous côtés on en fait v’nir
Des milliers par les trains d’plaisirs;
En guise de préparation,
On les mèn’ voir l’Exposition,
Et, quand, levant leurs nez au ciel,

Ils ont bien vu la tour Eiffel,
Leur cornac les pri’ poliment
D’crier: Vive le Gouvernement!

Au refrain.

Puis on les conduit chez Carnot,
Qui, toujours raid’ comme un poteau
Et souriant d’un air serein,
Leur donne à tous un’ poigné’ de main.
Après, Rouvier et Thévenet
Les prennent en leur cabinet;
Enfin, vient le tour de Constans
Qui leur tient le discours suivant:

Au refrain.

«Faut que chacun dans vot’ région,
Vous m’ fassiez un’ bonne élection,
Sinon—retenez c’ que j’ vous dis—
J’vous fauch’rai tous comm’ des épis!
Au contrair’ si ça marche bien,
Avec vous je n’ serai pas chien,
J’ vous promets mêm’, cré nom de nom,
Un tout p’tit bout d’mon saucisson!

Au refrain.

Ces deux mots à peine entendus,
Chacun reçoit un’ pil’ d’écus,
C’ qui fait que le plus attiédi
Paraît tout d’ suite ragaillardi.
Bientôt, i’ r’prenent, gais et contents,
Le ch’min de leurs arrondiss’ments,
Emportant d’ merveilleux engins
Pour la grande pêche aux bull’tins!