Des habitations Phéniciennes et Assyriennes apparaissent à notre vue. L’Egypte est toute pimpante avec ses colonnettes et ses couleurs vives.

Entrons chez les Hébreux, et admirons-y une riche collection d’antiquités juives. Mêmes curiosités en Etrurie; c’est une hôtellerie du temps qui vous offre les meubles, tables, lits, escabeaux, amphores, ustensiles de ces époques lointaines.

Arrêtons-nous devant ces deux maisons gallo-romaine et grecque, que l’on dit d’une fidélité de reproduction étonnante.

Voilà les maisonnettes de bois naturel de la Norvège, et celles en bois ouvragé de la Russie. Voici l’antre des Lapons et des Esquimaux, ces demeures primitives des neiges et des glaces éternelles côtoient les demeures du Soudan et de l’Arabie, où le soleil est du feu, et c’est vraiment charmant de parcourir chaque hémisphère, sans ressentir ni froid ni chaud. Les constructions chinoises et japonaises sont pleines de fantaisie et de légèreté, avec leurs toits clochetonnés et brillants, leurs cloisons de bambous, leurs fenêtres de papier multicolore.

Nous arrivons aux derniers spécimens de la barbarie existant de nos jours, les cabanes informes des tribus de l’Afrique centrale, et les tentes des Peaux-rouges. Ces tentes pointues sont soutenues à l’aide de longues perches ou branches d’arbres réunies au sommet. Au centre, une excavation dans la terre sert de cheminée; au-dessus, un trou dans la toile permet à la fumée de s’échapper tant bien que mal. Elles sont là, debout ces tentes primitives, auprès des maisons des Astèques et des Incas, suprêmes vestiges d’une étonnante civilisation détruite à jamais.

Et nous voilà devant la tour Eiffel, le contraste est grand, mais qu’importe! Il ne rend que plus saisissante la comparaison entre le passé plein d’essais et de tâtonnements, et le présent qui résume sous nos yeux, les progrès constants et les résultats admirables de la civilisation moderne.

L’histoire du travail, au Palais des Arts libéraux, semble au premier abord un dédale effrayant. Il faut prendre son temps pour examiner la plus vaste encyclopédie d’objets, grands et petits, de choses hétérogènes, de machines simples ou compliquées, longue chaîne qui se rive aux grossiers ustensiles de première nécessité, pour aboutir aux conceptions du luxe le plus raffiné.

C’est une exhibition incomparable, qui attire l’œil autant qu’elle étonne l’esprit. Tous les spécialistes se trouvent donc en présence de ce qui concerne leur partie. «C’est une étude complète de ce qui fut, par la comparaison de ce qui est.»

On a groupé en suivant l’ordre chronologique, tous les produits du travail humain, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Des personnages de grandeur naturelle, complètent l’illusion. Ici, devant cette caverne, voilà un homme primitif, habillé de sa longue chevelure, qui travaille une pierre, un silex, dont il doit faire plus tard une arme tranchante.

Là, devant cette hutte en terre, une femme que la coquetterie n’a point encore conseillée, pétrissant la terre, s’essaie à confectionner des poteries informes.