La partie centrale est précédée d’un parvis entouré de balustres de marbre et ornée de deux superbes bronzes: l’Art et la Science. Beaucoup de statues, ce qui donne grand air. Sur le fronton deux statues soutenant les Armes de la Ville, au-dessus une troisième statue assise personnifiant la Cité. Même décoration des deux côtés du cadran de l’horloge: un homme et deux enfants représentant le Travail et l’Etude.

Les quatre façades logent dans cent dix niches principales, les célébrités parisiennes: Jean Goujon, François Muiron, de Harley, l’Estoile, etc.... Enfin des statues partout, même sur les toits.

J’ai visité les superbes appartements du préfet, non habités. Le conseil municipal, qui est un petit état dans le grand, a mis son veto. Il n’entend pas que le préfet s’installe chez lui, que dis-je, chez eux, et le préfet cède.

J’ai remarqué dans cette enfilade grandiose la salle des Prévôts où sont gravés, sur des plaques de marbre, les noms des Magistrats municipaux de la Ville de Paris. Cette salle est partagée en trois nefs, séparées par deux rangs de belles colonnes en pierre, la magnifique salle Saint-Jean de quarante-sept mètres de long sur dix-sept mètres de large, formant nef avec travées latérales.

C’est dans cette salle qu’a lieu le tirage au sort; chaque arrondissement occupe une travée, et c’est ainsi qu’elle peut contenir tous les conscrits de Paris à la fois. La Salle des Fêtes est au-dessus, un double escalier orné de statues de marbre y conduit. Cette salle est splendide, tout y est beau, sauf pourtant le plafond bien froid, bien nu et qui attend, faute d’argent probablement, les peintures de maîtres qui doivent l’embellir et l’harmoniser avec un ensemble qui ne laisse rien à désirer.

C’est égal, quand cette salle est remplie de belles toilettes, de fleurs, de musique, de lumière, le coup d’œil doit être féerique.

Cette après-midi nous avons fait quelques visites. J’ai été heureuse de voir enfin la Vicomtesse de Renneville, la fondatrice de la Gazette Rose qui fut longtemps le code very select du hight life, et avec laquelle j’étais en correspondance depuis plusieurs années sans la connaître.

On gratte en ce moment toutes les affiches des élections, ce travail qui ne semble rien ne coûtera pas moins de trente mille francs à la Ville de Paris.

Tous ces murs sont bariolés, c’est une débauche de couleurs et de noms, une véritable orgie de nuances, avec calembour. Quelques candidats, M. Hervé du Soleil, entr’autres, avaient eu recours à un procédé plus nouveau: à l’aide de je ne sais quel moyen, il a fait imprimer son nom sur l’asphalte des trottoirs. Les mauvais plaisants prétendent que c’est trop se mettre sous les pieds des électeurs. Sous leurs yeux, passe encore; mais sous leurs pieds......

Les élections de dimanche ont porté le coup fatal et final à Boulanger et au boulangisme.