Non seulement le salaire des ouvriers n’est pas inférieur au salaire que l’on donne dans les autres établissements industriels, mais de plus ils ont droit, par exemple, à la «chauffe», c’est-à-dire à la fourniture gratuite du charbon pour leur usage personnel. Les frais médicaux et pharmaceutiques leur sont assurés gratuitement.
Tout ouvrier malade ou blessé perçoit un tiers de son salaire pendant son chômage; de même quand il accomplit une période militaire de vingt-huit ou de treize jours il touche le tiers du prix de sa journée. Une somme de soixante francs par an et par enfant est allouée aux pères de famille qui ont plus de cinq enfants.
L’administration verse, sans aucune retenue sur les salaires, un tant pour cent à une caisse de retraite créée par Monsieur Schneider. D’ailleurs, les fondateurs du Creusot ont multiplié autour de leurs ouvriers les œuvres d’assistance et de bienfaisance.
Au Creusot, il existe plusieurs écoles primaires, une école professionnelle et un hôpital entretenus aux frais de Monsieur Schneider. Les ouvriers bien notés peuvent habiter dans les confortables cités et cela moyennant un modique loyer qui ne dépasse pas huit francs par mois. Chaque logement est composé de trois, quatre ou cinq pièces avec un petit jardin. De plus, Monsieur Schneider a encouragé, facilité le développement des Sociétés coopératives qui fournissent, presque aux prix coûtants, aux ouvriers, les aliments, vêtements et objets de ménage dont ils ont besoin.
On calcule que les œuvres instituées par ce philanthrope et richissime propriétaire, dépassent annuellement la somme de deux millions. Les services de retraites et de secours atteignent la somme d’environ sept cent mille francs, les allocations aux réservistes et aux pères de famille ayant plus de cinq enfants se montent à près de huit cent mille francs.
L’horlogerie nous accueille plus bruyamment. Elle sonne sans cesse, dans tous les tons, mêlant à des voix claires et vibrantes le chant monotone du coucou et le trille enchanteur du rossignol. On peut ici étudier tous les systèmes depuis le modeste réveil-matin jusqu’aux carillons les plus célèbres, depuis la simple cloche que manie le choriste jusqu’au gros bourdon qui ébranle les cathédrales.
Ce n’est pas sans fierté que nous voyons figurer le génie français civil et militaire.
Voilà des spécimens de tous les matériaux de construction. Les pierres, le bois, le fer, le plomb, les chaux, les mortiers, les ciments, les briques, les tuiles, les carreaux, les ardoises, les cartons bitumés pour toiture, etc., etc. A l’aide de ces matériaux nous voyons l’ingénieur qui conçoit et l’ouvrier qui exécute, accomplir de nos jours sans hésitation, sans tâtonnement, les travaux les plus gigantesques dans la mer comme sur la terre.
Le génie militaire se présente avec son contingent de produits effrayants, formidables. Dans ce pavillon ou plutôt ce Palais de la Guerre on marche si serrés les uns contre les autres qu’une épingle ne tomberait pas à terre, comme on dit vulgairement.
Les pièces d’artillerie sont, paraît-il, très remarquables, pour moi, la vue de toutes ces choses effrayantes m’a donné le frisson. On ne pourra plus résister à de tels engins. A force de trouver de pareilles machines à tueries on n’osera plus s’en servir. C’est ma consolation en voyant cet amoncellement de canons, d’obus, de projectiles de toutes sortes qui vomissent avec le fer et le feu, la mort!