Un contraste frappant se rencontre, chez Christophe Smart, compatriote de Cruden, et qui développa une puissance poétique remarquable au milieu de sa déraison. Ayant reçu une éducation brillante à Cambridge, il fut couronné durant cinq années de suite, pour la composition du meilleur poème.

Atteint, en 1754, d'une folie qui ne permettait pas même de lui laisser la liberté, et non seulement enfermé dans une maison d'aliénés, mais privé dans sa cellule, de papier, de plume, et d'encre, il composa un poème de près de cent strophes, à la Gloire du Roi prophète David. Quelques unes ont le cachet d'un véritable poète. Ces vers, tracés à l'aide d'une clef, sur les panneaux de bois de sa chambre, doivent faire douter qu'il fut réellement fou lorsqu'il les composa.

Les pensées et le langage sont nobles et dignes, dans les strophes qui suivent:—

He sang of God—the mighty source

Of all things—the stupendous force

On which all strength depends;

From whose right arm, beneath whose eyes

All period, power, and enterprise

Commences, reigns, and ends.

Sweet is the dew that falls betimes,